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 A good mother is irreplaceable

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Pseudo : Lyn
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Âge du personnage : 23 ans
Ascendance : Sang-mêlée
Statut : Troque parfois des élixirs ou des potions contre des objets
Particularités : Aucune, si ce n'est qu'elle a appris à user de la magie informulée par la force des chose. Elle semble avoir un lien particulier avec son environnement et la nature.
Dédoublement de personnalité : Asta La Rousse!
Points : 15

(#) Dim 15 Déc - 12:27



A good mother is irreplaceable
Siri & Silke


Participants • Siri Freknur & Silke
PNJ ? Aucun
Statut du sujet • Privé
Fin d'Ýlir, 1295 •
Lieu • Cabane de Silke dans le Jutland, au coeur de la forêt.
Moment de la journée • Fin d'après-midi.
Météo • 0°C - Soleil par épisodes, air froid, venteux.

Je souhaite que les Nornes interviennent dans ce sujet
(à noter que dans le cas d'un sujet d'intrigue, vous n'aurez pas le choix)
photographie ©a room of my own



“We have doomed the wolf not for what it is, but for what we deliberately and mistakenly perceive it to be –the mythologized epitome of a savage ruthless killer – which is, in reality, no more than a reflected image of ourself.” ♦️ Never cry wolf
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(#) Dim 15 Déc - 12:27

Le soleil commençait à descendre, doucement, à faire son chemin entre les arbres alors que l'après-midi filait. Silke ne se rendait pas bien compte, parfois, des heures qui passaient tant elle était habituée à être seule dans sa forêt. Le fin fond du Jutland lui était à présent aussi familier que sa petite cabane, elle-même devenue plus douillette, mieux aménagée, plus chaleureuse. Ces lieux auraient pu se révéler être les confins du monde qu'elle s'y serait sentie aussi bien, et n'aurait pas cherché à partir. Les brins de civilisation qui lui parvenait à travers tous les gens qui lui rendaient visite – enfin, peut-être pas tant que ça – lui suffisaient amplement. Si, des années auparavant, la jeune femme avait eu peur de la forêt, en avait été terrifiée, le village, ce qu'ils appelaient Skuli, était la source de quelques craintes. Les gens osant venir jusqu'au fond du Jutland pour la trouver avaient différents motifs : la curiosité, le besoin d'une potion quelconque. Certains s'égarer parfois, trouvaient la cabane sans même la chercher, même si ce cas de figure était bien plus rare. Il n'y avait que Siri, qu'elle attendait, à qui elle pensait, régulièrement, en se demandant ce qu'elle pouvait bien faire de ses jours : s'occuper de ses moutons, faire un peu de musique. Ils étaient beaux, ses moutons, d'ailleurs. Habillés de couleurs dont elle les ensorcelait, Silke était fascinée par cette laine si douce et si étonnante. Avant de re-découvrir les habits, choisis, adaptés à sa taille, son sexe, parfois même ses goûts, elle n'avait fait que voler ce qu'elle trouvait, évoluer parfois à moitié nue, se glisser dans des fripes d'homme beaucoup trop grandes pour elle.

Ce jour là, elle portait une robe d'un épais coton crème, sous des tissus plus lourds et plus chauds, une sorte de veston en peau, de hautes basques tricotées, le tout offert par la rousse Freknur. Slke ne savait pas franchement d'où provenaient ces vêtements soigneusement rangés dans un meuble improvisé, réalisé à base de morceaux de bois étroitement ficelés d'une sorte de ficelle de chanvre. Elle avait appris, depuis qu'elle vivait ici, à bricoler ce dont elle avait besoin, qu'il s'agisse de meubles, d'outils, de moyens de défense. Les formes utiles du mobilier s'étaient définies sur les conseils de Siri, parfois sur ceux d'Eric Vondr, dans une lettre de leur correspondance régulière, portée par le corbeau que Silke avait presque réussi à apprivoiser. Ce matin là, précisément, dans sa robe si simple, elle terminait d'écrire une de ces missives. Ces échanges n'évoquaient au début que les runes, quelques précisions magiques, ici et là, puis les bâtons magiques, la vie d'Eric, des bouts d'existence de Silke. Elle ne soupçonnait même pas le stratagème de Siri : la mettre en contact avec le jeune Vondr sous un prétexte quelconque, pour la confronter au monde. Pourtant, Eric et elle ne s'étaient pas encore rencontrés, et la blonde n'étaient pas du genre à presser ce genre de choses.

Roulant le bout de parchemin, elle l'accrocha à la pattes de l'oiseau bien calme qui attendait sur sa fenêtre depuis quelques minutes. Elle y laissait souvent quelques graines ou quelques restes de ses propres repas pour attirer la bête. Elle l'aimait bien. Dans un bruissement d'ailes, il s'éloigna, emportant la missive alors que Silke crut sentir quelqu'un approcher. Attrapant une large étoffe d'un rouge sang qui lui servait de châle, elle sortit et patienta, frissonnant légèrement dans le froid. Il ne suffit de quelques minutes pour que la chevelure de feu de la bergère n'apparaisse entre les branches. Un sourire étira les lèvres de la muette qui s'avança pour accueillir son amie avec une étreinte chaleureuse. Elle était toujours heureuse de la voir, ses visites rythmaient ses journées, ses semaines, et lui offraient divertissement et cette forme d'affection toute particulière qu'il pouvait y avoir entre elles. L'attirant à l'intérieur de la cabane dont elle referma la lourde porte, elle la débarrassa de sa besace et de son manteau pour la pousser gentiment vers le feu, lui faisant signe de s'asseoir. S'affairant sans dire un mot, elle rajouta une grosse bûche dans le feu qu'elle attisa avant de tendre à Siri une tasse fumante d'une de ces infusions dont la jeune sauvage avait le secret.

« Y a un peu liqueur. Dedans. » Elle indiqua la tasse qu'elle venait elle-même de se servir, avec un petit sourire. Ces liqueurs de fruits étaient devenues une de ses spécialités, depuis qu'une vieille femme du village lui avait donné la recette, en échange d'un élixir de santé. Silke ne buvait pas seule, mais appréciait quelques gouttes de ces alcools sucrés avec son invitée. Ramenant une jambe sous elle, elle finit par s'asseoir près de Siri, sur un amas de coussins et de peaux plutôt confortable. Ses yeux fixés sur la rousse, elle finit par laisser sortir les quelques questions qu'elle avait sur le cœur : « Siri... Pourquoi tu étais en colère, l'autre jour? » Elle se souvenait bien du regard de la bergère à la découverte de l'amulette ; Silke ne l'avait jamais vu dans un tel état. De ses doigts libres, elle imita la forme de la pierre gravée de runes que Tyr, le message, avait oublié chez elle. L'homme aux dragons. L'homme que Siri semblait connaître et qu'elle ne portait pas dans son cœur, apparemment ; ou du moins lui en voulait-elle pour une raison qu'elle ignorait. « Tu avais l'air très... Très énervée. C'est à cause de moi ? » Siri avait filé sans dire mot, et même si sa rage n'avait pas éclaté face à la jeune femme, elle n'avait pu s'empêcher de se poser quelques questions. Ses yeux s'étaient embrumés, et Silke avait senti la tension grandir, grandir, envahir son corps ; elle avait fait demi tour et disparu quelques jours à peine. Silke voulait savoir, et l'observait en silence, le visage dissimulait par sa tasse de grès.



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Pseudo : fried tofu (tiff)
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Âge du personnage : 38 ans.
Ascendance : Sang roux, euh, pur.
Statut : Éleveuse de moutons multicolores, péteuse de nez à mi-temps.
Dédoublement de personnalité : ségère & mini-Odinn.
Points : 82

Feuille de personnage
LOCALISATION : Gröenland.
JE COMPÉTITIONNE POUR : Dürmstrang.
INVENTAIRE :

(#) Dim 15 Déc - 17:16

Siri savait que Silke serait au courant de sa présence bien avant qu’elle n’arrive ; comme à chacune de leurs rencontres, elle avait emprunté l’un des portails runiques les plus reculés du Jutland, et sans craindre ni la solitude, ni l’abondance de créatures, elle s’était enfoncée dans l’épaisse forêt qu’elle avait su apprivoiser. Encore sauvage, mais pourtant exposée à qui voulait bien prendre la peine de l’observer ; la forêt était à l’image de la sang-mêlée qui y résidait, perdue dans sa modeste cahute, qu’elle avait pourtant aidé à rendre plus confortable. Plus confortable, et plus utile à l’adorable blonde qu’elle avait trouvée dans des conditions sommaires, absolument horrifiantes pour une gamine à peine adolescente. Et pourtant, elle s’était remarquablement bien débrouillée. Comme ces bois, Silke avait grandi par elle-même, se nourrissant de ce que la terre et les hommes voulaient bien lui donner. Siri elle-même avait pris l’habitude de lui ramener quelque chose, à chacune de ses visites, car même si sa protégée était parfaitement autonome et savait se dépatouiller mieux que personne, la bergère avait toujours des vivres, de nouvelles étoffes, un livre déniché au fin fond de Skuli, à apporter à Silke pour la sortir de son isolement.

Un sourire fendit son  visage lorsqu’elle l’aperçut, tache rouge au milieu du vert sombre. Redoublant l’allure, qui n’avait pourtant rien de paresseuse, Siri franchit les quelques mètres qui les séparait encore l’une de l’autre, et ses lèvres s’étirèrent un peu plus en accueillant la sang impure contre elle, en un salut chaleureux qu’elles avaient, au fil des années, fini par adopter. « Silke, bonjour. » Son souffle forma une bulle de chaleur dans l’air frais, et après un regard ravi à l’égard de la solitaire, elles pénétrèrent toutes deux à l’intérieur de la cabane. A peine eut-elle le temps d’esquisser un mouvement que déjà on  s’affairait pour lui retirer sa cape et sa besace ; Siri se retrouva en simple robe de laine, et elle alla frotter ses mains fraîches près du feu, auprès duquel elle s’assit. Son regard d’eau ne quittait pas Silke, qu’elle n’avait pas vu depuis près d’une semaine. Depuis qu’elle avait quitté la maison sans un mot d’explication. Pour rattraper son impolitesse, elle lui avait envoyé un corbeau où elle s’excusait de son brusque départ, dès le lendemain.

« Tu sais que mon offre tient toujours. », fit-elle avec un sourire, devant la liqueur de fruits savoureuse qu’elle lui avait réservée. Elle lui proposait toujours régulièrement de venir s’installer avec elle, au cœur du Gröenland, en sachant pertinemment qu’elle lui répondrait d’un sourire, et d’un signe de dénégation. Silke ne voulait pas aller à la rencontre du monde, et Siri ne pouvait que la comprendre. La douce chaleur de l’âtre lui réchauffa les sens, et elle sentit son corps fourbu de fatigue se détendre considérablement ; pour un peu, le foyer lui aurait tiré un soupir de bien-être. Mais la question de Silke coupa court à toute tentative de détente, et replongea la bergère dans le désagréable souvenir de Tyr ; le sourire s’atténua un instant, pour mieux reparaître devant l’adorable crainte de sa protégée. « Non, ce n’est pas de ta faute. » Elle garda la tasse fumante entre ses mains, et le regard rivé sur Silke. Elle ne pouvait décemment pas lui mentir ; et de toute façon, Freknur n’avait pas l’étoffe d’une menteuse.

« L’homme qui est venu te voir l’autre jour est une vieille connaissance. Pas un ami, comme tu peux t’en douter. », ajouta-t-elle en baissant un instant les yeux sur l'infusion presque violette ; elle passa le bout de son index sur le grès, comme pour mettre les mots sur la relation qu'elle entretenait avec Helgason -et sans l'insulter, si possible. « Pour faire court, il n’avait pas le droit de te rendre visite. Il n’est pas dangereux, mais il m’a suivie jusqu’ici. C’est déjà trop. » Des bribes de sa colère lui revinrent, et elle referma un peu plus ses doigts sur la poterie qu’elle lui avait ramenée, quelques années plus tôt ; dans son regard désormais relevé vers Silke flottait les restes de la violente altercation avec Tyr, qui lui restait encore en travers de la gorge. Avait-elle eu raison de partir ? N’aurait-elle pas dû rester, pour effacer cette image d’un Tyr en proie à sa détresse ? Elle chassa ces idées farfelues, ces doutes qui n'avaient pas de raison d'être, et embraya sur un sujet qu’elle n’avait  pas encore eu l’occasion d’aborder. « De quoi avez-vous parlé, tous les deux ? »


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(#) Sam 28 Déc - 12:11

Si Silke était toujours contente de voir arriver Siri, elle était aujourd'hui d'autant plus satisfaite qu'elle s'inquiétait depuis quelques jours. Le départ précipitée de son amie, lors de sa dernière visite, lui avait donné à réfléchir. Elle avait bien sûr compris que sa réaction avait un lien avec l'homme qui était venu lui rendre visite et lui apporter quelques parchemins, quelques tissus, de la part de Siri. Les messagers n'étaient que rarement les mêmes, et la sauvage ne s'était pas vraiment étonnée de voir débarquer un nouveau visage qu'elle ne connaissait pas. A vrai dire, elle n'en connaissait que peu aussi bien que ceux de Siri, ou de Cahir, à présent ; les autres n'étaient que des passants. Il y avait bien sûr Eric, dont lui avait parlé la bergère, qu'elle lui avait décrit, pour qu'elle puisse tenter de se faire une idée. Mais ils ne s'étaient jamais rencontrés encore, bien que leurs corbeaux soient réguliers et intéressants. Silke ne pensa guère au Vondr, à partir du moment où Siri l'étreignit ; la faisant pénétrer dans sa cabane, elle s'activa pour la mettre à l'aise, et la réchauffer près de l'âtre. Il faisait frais dehors, et elle avait certainement du marcher un bout, depuis le portail runique. Bientôt elle fut installée, une tasse fumante entre les mains, sur les confortables coussins que Silke avait appris à coudre et à remplir des chutes de laine des moutons de Freknur.

Un sourire étira ses lèvres à la proposition de la bergère ; bien des fois elle lui proposait de s'installer avec elle, et bien des fois Silke avait dit non. L'idée de quitter sa cabane l'effrayait, et après tout, c'était chez elle. Elle s'y trouvait bien, seule, au milieu des arbres et des bêtes, à rencontrer quelqu'un de temps en temps, à vivre à son rythme. Il y avait toujours quelque chose à faire : un vêtement à coudre ou recoudre, du bois ou des plantes à aller chercher, des élixirs à réaliser. Ses moments de libres, elle les passait à vagabonder dans la forêt, à marcher sans vraiment savoir où elle se rendait, mais sans jamais se perdre. Parfois elle ne se souvenait pas de ce qu'elle faisait ; comme si elle avait sombré dans un drôle de sommeil, elle se retrouvait dans la cabane, les pieds couverts de terre, ou installée à un endroit nouveau. Mais ces détails, elle les gardait pour elle, pour le moment, et l'invitation avait toute son attention. « C'est chez moi, ici. Je ne sais pas si... Je m'habituerai, ailleurs. » Ce n'était pas un non définitif, pas comme les autres fois, même si Silke n'acceptait pas pour autant l'offre dans la foulée. Il s'agissait plutôt d'un « pourquoi pas », d'un, « si on essayait ». « Je pourrai peut-être... Venir quelques jours... » Silke jeta un coup d'oeil à son amie en finissant par tendre la vers son genou, pour toucher la laine du bout des doigts avec un sourire. « Elle est belle. » Et par ce compliment, la jolie sauvage signifiait que Siri la portait bien, aussi simple fut la robe. Il n'y avait aucun rapport avec la discussion, et pourtant son esprit sautait sur le sujet ; parce qu'elle voulait les voir, les moutons de Freknur, les toucher, admirer la magie de leur laine. Ces bêtes l'avaient fascinée dès l'instant où elle en avait entendu parler.

Et puis Tyr. Loin des moutons, les dragons, des souvenirs que Silke pouvait sentir sans savoir de quoi il s'agissait vraiment ; car Siri ne lui dirait pas, pas encore, certainement. C'était douloureux, elle le voyait bien, et s'en voulait un peu de ramener ce sujet sur le tapis. Observant celle qui était à la fois une mère et une sœur, sans être ni l'un ni l'autre, elle se contenta d'hocher la tête. Elle parlait déjà beaucoup en présence de la Freknur, et les gestes prenaient parfois le relais. Quelques secondes de silence lui permirent de se remémorer la discussion qu'elle avait eu avec cet homme, et de former les phrases correctes qui n'attristeraient pas plus Siri. « Il a été gentil. Il a posé des questions, un peu, mais j'ai vu qu'il chassait le dragon. Tu m'en avais parlé, de leur tenue. » Et cette même tenue l'avait trahi, comme l'indiqua Silke d'un geste vague. « Et tu sais, j'en ai jamais vu, des dragons. Alors je lui ai posé des questions, moi aussi. » Sur l'endroit où ils vivaient, là où on pouvait les voir, les admirer, ces bêtes magnifiques dont elle avait appris l'existence dans son enfance. Si elle avait oublié tout ce qu'elle connaissait, ou presque, par les mystères de l'amnésie, elle savait l'existence des dragons. Elle le savait, au fond d'elle, qu'ils existaient, et n'avaient pas chercher à mettre en cause les histoires qu'on lui avait raconté.

La main qui s'était attardée sur le tissu câlina gentiment le poignet de Siri ; la sauvage n'était pas très tactile, sauf avec la Freknur, surtout lorsqu'elle la sentait en proie à de drôles de sentiments qu'elle ne pouvait atteindre. Elle lui adressa un sourire, avant de reprendre sa tasse chaude entre ses mains. Son corbeau se posa sur la fenêtre, toquant du bec contre la vite ; elle se leva, glissa quelques graines et un bout de vieille viande sur le rebord de la petite fenêtre, flattant la bête doucement. « Je trouve ça affreux, de chasser les dragons. Je lui ai dit. Tu sais que je n'aime pas la chasse, mais parfois, je comprends. » Certainement que si elle le pouvait, Silke ne se nourrirait que de graines, de légumes, d'avoine et de fruits, de toutes ces choses auxquelles elle s'était habituée durant son enfance dans la forêt. S'asseyant à nouveau près de son amie, elle attisa le feu d'un geste léger de la main : « Il faudrait les laisser en paix. Comme les loups. La chasse pour la gloire, c'est... mal. » Le terme pouvait paraître naïf, mais il était prononcé de telle manière, d'un air si grave, qu'il était dur de se moquer de la petite sauvage ; du moins, Siri pouvait le faire, elle, sans que jamais cela ne soit blessant. Elle retrouva pourtant son sourire après avoir secoué la tête, sans se douter que le sujet pouvait être sensible. « Et les moutons? » Comment vont-ils, les moutons?



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(#) Lun 30 Déc - 11:58

Siri s’était attendue à entendre un non, doux mais déterminé, comme lorsqu’elle s’était aventurée sur ce terrain les fois précédentes : si on se fiait aux paroles de Silke, qu’elle prenait soin d’économiser même en sa présence, elle ne quitterait jamais l’épaisse forêt qui l’avait accueillie quand elle n’était qu’une jeune pousse pour les vastes étendues du Groenland. La bergère lui avait pourtant précisé que les Îles Glacées n’avaient rien d’une Skuli, et que, une fois dans les terres, on y voyait à peine plus de monde défiler par le biais du portail runique dont elle était responsable. Le seul inconvénient, qui n’en était au final pas vraiment un, résidait dans la présence de sa famille : quand cette dernière n’était pas en raid, il n’était pas rare de voir s’inviter Ingmar et Bodil, qui se chamaillaient alors devant leur propre fille –de façon moins véhémente que d’ordinaire, grâce aux runes gravées dans les poutres. Mais aujourd’hui, Silke tenait un autre discours. Siri venait-elle vraiment de l’entendre dire qu’elle pourrait essayer de venir habiter avec elle, quelques jours ? Le visage de la rousse se para d’un autre sourire. Les années d’insistance discrète et les heures à lui parler de sa ferme, des siens, du reste du monde scandinave payaient enfin. Elle saisit sa main pour la presser avec douceur, en un de ces gestes devenus naturels avec la sang-mêlée –et avec qui s’attirait son affection. « Seulement quelques jours ? Tu ne voudras plus repartir. Je te parie même que tu voudras en voir plus. », fit-elle avec un sourire, qui disparut graduellement quand le sujet de Tyr fut abordé. Ce dernier parvenait à la briser même à des lieues de distance, un exploit dont peu pouvaient se vanter à l’heure actuelle.

Elle garda sa main sur la sienne, avant de la quitter pour reprendre sa boisson, à laquelle elle ne toucha pas immédiatement. Bien sûr qu’il avait été gentil –cet imbécile tenait du naïf trop longtemps bercé par des histoires de dragons et d’égalité, comment pouvait-il en être autrement ?-, bien sûr qu’il lui avait posé des questions, bien sûr que Silke avait été intriguée par la chasse aux cracheurs de feu. Siri n’avait jamais réussi à en vouloir à ces bêtes qui, elle aussi, l’avaient passionnée du temps de Dürmstrang. Il était plus réaliste d’en vouloir aux hommes qui partaient les déloger de leur repaire, par simple besoin de gloire, par curiosité mal placée ou par un indéfectible besoin de se faire peur. Et l’enfant de la forêt semblait partager ce point de vue ; rassurée que Tyr ne soit parvenu qu’à la conforter dans des idéaux où la nature devait rester intacte, Siri s’autorisa à boire une gorgée de sa tisane et le goût de l’alcool lui réchauffa gentiment l’estomac. « C’est une façon comme une autre de prouver sa valeur, chez nous. », répondit-elle simplement en repensant à tous ces autres imbéciles qui partaient en raid une fois arrivés les beaux jours. Après tout, elle avait manqué de se marier avec un Järnsida : les chasses futiles, elle les connaissait malgré sa désapprobation. « Qu’est-ce qu’il t’a répondu ? », reprit-elle en tentant de contenir un cynisme qu’elle sentait revenir à grande vitesse dès qu’elle repensait à Helgason –qu’il était plus facile de désigner par son nom de famille, comme pour se défaire de l’affection qu’elle avait eu pour lui jadis.

« Les moutons vont bien. Vetr a à peine commencé qu’ils cherchent déjà à sortir de leur grange. », répondit-elle comme si elle évoquait une tripotée de marmots intenables, comparaison qui n’était pas si saugrenue, au vu de la relation qu’elle entretenait avec chacune de ses bêtes, semblables aux yeux des autres mais uniques aux siens. « Si tu es là quand les beaux jours arrivent, tu pourras les voir se dégourdir les pattes dans les plaines. Je pourrais même t’apprendre à les tondre, c’est fastidieux, mais quelque chose me dit que tu y prendrais goût. » Et le sourire reparut avec un peu plus de discrétion, car Siri, connaissant le lien que Silke entretenait avec la nature, était persuadée que l’orpheline serait au milieu du troupeau comme un coq en pâte.


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(#) Dim 5 Jan - 0:13

Silke ne put s'empêcher d'avoir un sourire en sentant la main de la bergère se serrer sur la sienne. Laisser entendre qu'elle pourrait, pourquoi pas, venir vivre chez elle pendant quelques jours semblait lui avoir fait plaisir. La jeune sauvage était parfois encore surprise de l'attachement que la Freknur avait développé à son endroit, de cette affection qu'elle pouvait avoir pour cette figure maternelle improvisée, fraternelle, aussi, un peu des deux. Elle qui n'avait connu que cette vie d'enfant cachée, de changelin supposé, puis celle dans la forêt... Elle n'était pas bien sûre de pouvoir se faire à la vie loin de chez elle ; de ce qui était devenu son étrange foyer. Il n'y avait pas à douter de la confiance qu'elle avait en Siri, en ce qu'elle lui avait raconté sur sa ferme et sur le monde ; l'enfant la croyait presque aveuglément, avait toujours bu ses paroles avant même de penser à réfléchir à ce qu'elle pouvait bien lui dire. Les villages, les tavernes, les écoles ,les familles, les histoires de politique et de sang... Pendant des années, Siri s'était chargée de l'éducation de la sang-mêlée sans même porter attention à son rang, et elle avait bien fini par s'en rendre compte. Lui proposer d'habiter chez elle, avec elle... Elle saisissait l'inédit de la demande pour le monde où elle ne mettait jamais les pieds, et était, peut-être, un peu intriguée d'en apprendre plus. De voir plus, de découvrir plus, de sentir plus. De rencontrer des gens, comme elle, comme Eric, peut-être même comme Tyr, ce drôle de messager. « Je vais être perdue, tu sais. Mais à force... De m'en parler, j'ai envie de voir. » D'explorer la ferme, de passer ses doigts sur la laine douce des moutons, de parcourir les Îles Glacées, de long en large, et revenir dans sa forêt, un peu, pour comparer. « Et les gens... Personne ne va t'ennuyer, si je vis chez toi? »

Des gens comme Tyr, n'étaient-ils pas contre ces alliances, même amicales, avec des gens comme elle ? Et puis, on lui avait dit, on lui avait parlé des ragots, des drôles de rumeurs qui circulaient à son sujet. Ce que l'on croyait sur elle, sur sa vie dans la forêt, sur son histoire et son passé. Le messager, lui, n'avait pas abordé le sujet ; d'autres avaient bien moins de scrupules à poser des questions. Silke, elle, n'osait pas aller bien plus loin sur ce sujet là, tant elle sentait la chose douloureuse pour Siri. Après tout, il n'y avait pas grand chose, au fond, à dire sur Tyr ; il n'avait pas été méchant, il n'avait pas tenté de blesser, physiquement ou moralement la sauvage. Mais il blessait des dragons, non ? Et ce simple détail s'était ancré dans l'esprit de Silke. « Je ne sais plus... Il a dit que ça existait depuis toujours. Mais chasser des créatures, magnifiques, pour... Le plaisir, c'est prouver sa valeur ? J'ai... Du mal à comprendre. Protéger les siens, son village, ses... mages, c'est là, que devrait se trouver l'honneur.  » La jeune femme baissa les yeux un instant sur son breuvage ; peu honteuse de ses convictions, elle ne savait simplement pas comment les exprimer assez bien pour se faire comprendre, pour être certaine d'illustrer correctement ses propres idées. « Les gens... Les gens comme toi n'ont pas à prouver leur valeur. Mais si tu voulais le faire, si... Si tu devais le faire, comme t'y prendrais-tu? » Une pointe de curiosité sur le visage, Silke en oublia les dragons et les Tyr, laissant dériver ses paroles selon sa pensée. Il s'agissait peut-être d'un moyen d'en apprendre un peu plus sur Siri, sur les choses dont elle ne lui parlait pas ; bien sûr qu'elle connaissait l'amour de la sang-pure pour les sang-mêlés, ou plutôt, pour tous les êtres dignes de vie et de reconnaissance ; bien sûr qu'elle connaissait sa tolérance et sa hargne légendaire, aussi. On lui avait dit, une fois, que tous les Raudi, parents comme cousins éloignés, étaient de cette trempe, mais elle, elle ne connaissait que Siri.

« Il fait trop froid, pour eux ? Et la laine ? Comment sont les couleurs? » La phrase avait été prononcée en toute hâte, plus vive et moins hésitante qu'à peine quelques secondes plus tôt. Les couleurs dont ces bêtes étaient parées par la magie la fascinaient. Elle ne retint pas un petit rire, puis un grand sourire quand elle proposa de lui apprendre à tondre, et hocha la tête ; elle était certaine d'apprécier. « Ils ne gigotent pas trop? » Quand elle les tondait, après tout, les plus jeunes ne devait pas y être bien habitués. « Et tisser, tu pourras m'apprendre ? Ça doit être dur. » Car il fallait trier la laine, la nettoyer, avant de la tisser ; se levant en pensant à quelque chose, avec un geste à l'intention de son invitée, Silke alla fouiller dans ses affaires pour en tirer un bout de tissu et un gilet de laine que Siri lui avait offert une fois. « J'ai commencé à broder comme... Tu m'as montré. Tiens. » Le bout de tissu était en fait plus soigné, cousu sur les bords et brodés de quelques fleurs claires. D'un geste, elle indiqua à son amie de le garder, avant qu'elle n'étale doucement le gilet sur ses genoux ; l'ouvrage n'était pas terminé, mais elle voulait l'avis de la bergère, et leva vers elle un regard interrogateur. Que devait-elle ajouter ? Ici ou là ? Elle pointa du doigt un endroit vide, avant de boire une gorgée de son breuvage, un instant, semblant réfléchir à la question qui l'occupait réellement, ou du moins qui était un tant soit peu plus sérieuse. « Tu crois... Que demain, je pourrai venir? » Cette impatience était inhabituelle, venant d'une Silke qui refusait de quitter sa cabane ; et pourtant, à cet instant, elle avait très envie de voir cette ferme, ces moutons, de jouer avec leur laine et de découvrir le monde de Siri.



“We have doomed the wolf not for what it is, but for what we deliberately and mistakenly perceive it to be –the mythologized epitome of a savage ruthless killer – which is, in reality, no more than a reflected image of ourself.” ♦️ Never cry wolf
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Pseudo : fried tofu (tiff)
Crédits : moneyhoney.
Avatar : Sienna Guillory.
Ici depuis le : 27/11/2013
Messages : 201

Âge du personnage : 38 ans.
Ascendance : Sang roux, euh, pur.
Statut : Éleveuse de moutons multicolores, péteuse de nez à mi-temps.
Dédoublement de personnalité : ségère & mini-Odinn.
Points : 82

Feuille de personnage
LOCALISATION : Gröenland.
JE COMPÉTITIONNE POUR : Dürmstrang.
INVENTAIRE :

(#) Ven 7 Fév - 17:45

Non. Non, personne n’allait s’inquiéter, lui fit-elle comprendre en hochant tout juste la tête, comme si cette question qu’elle pouvait parfois lire dans le regard de Silke depuis qu’elle lui avait inculqué la hiérarchie du sang, ne valait même pas d’être posée, comme s’il était évident que personne n’allait aller chatouiller la bergère et ses amitiés impures. Il ne s’agissait pas tant de prendre le trésor du draugr avant de l’avoir vu que de rassurer, en lui montrant que l’une et l’autre n’avaient rien à craindre, la sorcière qui la regardait de ses grands yeux, prête à récolter les paroles de la bergère. Dans les faits, Siri savait pertinemment qu’il se trouverait toujours un crétin de sang-pur assez téméraire pour aller s’en prendre à sa façon de faire sur son propre territoire, une commère à la médisance telle qu’elle répandrait son fiel sur ses affiliations honteuses, voire dangereuses –à ce rythme, elle allait folâtrer avec le sang-mêlé et mettre au monde une tripotée de marmots condamnés, à la magie douteuse et aux mœurs décadentes. Elle n’était pas dupe pour autant : Silke allait se heurter à la différence du sang tôt ou tard. Siri ne cherchait pas à la protéger, convaincue que l’ordre établi par les anciens mages allait la rattraper, un jour ou l’autre, sitôt le pied posé hors de son havre de tranquillité. Ce qu’elle voulait, c’était repousser l’échéance, lui éviter une inquiétude qui pouvait aller, dans le cas extrême qu’esquissait généreusement une imagination empreinte de paranoïa, jusqu’à faire capoter sa proposition spontanée. De ce fait, c’était plutôt une considération égoïste ; Siri n’aurait pas souffert un refus, si Silke s’était soudainement rétractée sous le coup de l’angoisse.

Que ferait-elle, pour prouver sa valeur ? Siri interrompit son geste, surprise par une de ces questions dont la blonde avait le secret, imprévisibles, posées avec un intérêt sincère. Après dix ans, Silke grappillait encore les informations avec une curiosité d’enfant, ce qui ne manquait jamais de lui tirer un sourire, attendrie par l’hésitation tout juste marquée de sa vis-à-vis –et désarçonnée par ce questionnement qu’elle n’avait jamais encore abordé, forte d’une reconnaissance qui ne lui avait jusque-là jamais fait défaut. Mais si on lui retirait ces regards tournés vers elle, l’amour parental, fraternel, les affections tissées au fil du temps, une place forgée par ses soins dans leur société à la mécanique bien huilée, comment leur aurait-elle montré être digne de leur attention ? Tous ces « si » rendaient une réponse difficile, en dépit de l’imagination foisonnante de la rouquine –il fallait voir l’usage incongru qu’elle faisait parfois des runes. « Je ne m’en prendrais pas aux dragons, en tout cas. », fit-elle avec un semblant de sourire, taclant volontairement un Tyr relégué au rang de traqueur de lézards et flanqué d’un cœur de margygr.

L’entrain de Silke était plus palpable que d’ordinaire ; était-ce la promesse du séjour à la ferme ? « Je t’apprendrai tout ça, une fois là-bas. Le reste, tu le verras de tes propres yeux. » Ses yeux pétillaient d’une lueur volontairement énigmatique, aguichant gentiment la curiosité naturelle de Silke. Repoussant la boisson encore chaude, elle prit entre ses doigts le gilet de peau qu’elle reconnut comme un cadeau, passant sur les broderies inachevées un pouce admiratif ; il allait sans dire que Silke avait tout sauf des mains en fer d’Islande. Vers elle, elle releva un visage qui témoignait de ce jugement hautement positif, éclairé d’un sourire qui, lui, était dû à la dernière réplique qui avait franchi ses lèvres d’empressée. Un instant, elle détailla l’éclat qui lui brûlait dans les iris. « Repars avec moi aujourd’hui. », laissa-t-elle finalement tomber en scrutant le visage expressif qui lui faisait face, refermant les doigts sur le morceau de tissu offert. « Il suffirait de préparer quelques affaires et de me suivre tout à l'heure. Je resterais le temps qu'il faudrait. » La graine plantée, avec une nonchalance trop marquée pour être naturelle, Siri reprit sa boisson pour y boire une gorgée, sans quitter de l’œil une Silke qu’elle poussait toujours un peu plus à se lancer à l’aventure. Il ne leur faudrait que le temps d’un Raido pour atteindre les îles, que quelques minutes pour enfin lui dévoiler les beautés du Groenland -et lui ouvrir les portes d'un monde qu'elle ne connaissait qu'au travers de ses récits.


And you know, for the first time, for the very first time, that there will now be a before and an after, a was and a will be. And that you will never again quite be the same person you were.
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Pseudo : Lyn
Crédits : Maquizz
Avatar : Imogen Poots
Ici depuis le : 27/11/2013
Messages : 84

Âge du personnage : 23 ans
Ascendance : Sang-mêlée
Statut : Troque parfois des élixirs ou des potions contre des objets
Particularités : Aucune, si ce n'est qu'elle a appris à user de la magie informulée par la force des chose. Elle semble avoir un lien particulier avec son environnement et la nature.
Dédoublement de personnalité : Asta La Rousse!
Points : 15

(#) Lun 17 Fév - 13:53

Silke n'était pas bien sûre de croire Siri sur parole à cet instant précis. Est-ce qu'aucun mal n'allait arriver à la bergère si quelqu'un découvrait un jour ses amitiés de plus en plus nombreuses avec des gens comme elle ? Enfin, pas exactement comme. Silke avait beau être ignorante de bien des choses du monde, elle se doutait que l'on abandonnait les enfants dans la forêt de façon régulière ; qu'on ne les laissait pas comme ça, en proie aux créatures de la forêt, avec si peu de nourriture, de chance de survie, normalement. Siri n'avait su expliquer pourquoi, lorsque la sauvage avait posé la question : pourquoi l'avait-on abandonné, ne l'avait-on pas tué à la naissance, plutôt. Non pas qu'elle aurait préféré cette alternative, loin de là. Cette vie au fond du Jutland, au cœur de la forêt, lui convenait parfaitement, tant et si bien qu'elle avait déjà refusé maintes et maintes fois de rejoindre la bergère dans sa ferme, de devenir un poil plus sociable, de devenir un peu plus humaine. Moins animale. Moins sauvage. Cette possibilité l'effrayait, quoi qu'elle veuille bien en dire. Silke avait peur de changer, peur du changement, peur de voir l'environnement qu'elle avait construit durant des années voler en éclat. Bien sûr, le sentiment n'était pas aussi intellectualisé, n'était pas si précis, dans les termes, mais se transformait en un instinct contradictoire qui la poussait à la fois à dire non, à la fois à céder à sa curiosité et à son envie de découvrir un autre bout de monde viking.

Un sourire étira les lèvres de la jeune femme à la réponse de la bergère. Pour sûr qu'elle ne ferait une chose aussi stupide, elle en était certaine. Silke n'aurait jamais pu imaginer Siri s'en prendre à un dragon, ou à vrai dire, s'en prendre gratuitement à quelconque créature vivante ; parce qu'il était là, le problème pour l'enfant. La gratuité d'une telle cruauté si typique des hommes, vikings ou non, et même parfois des femmes, des enfants, de tout être vivant à la domination établie. Les dragons n'étaient-ils pourtant pas plus puissants, plus majestueux, plus mortels que les hommes ? Ce n'était pas les bipèdes qui se trouvaient chasser, mais des créatures magnifiques. « J'aimerais beaucoup en voir. Même de loin. Juste le voir. » Pour l'observer, sans s'approcher, l'observer discrètement et le voir vivre. La blonde secoua la tête avec un sourire. « Tu n'as pas à la prouver, ta valeur, toi. » Et cette seule phrase recelait de tout l'amour filiale, fraternelle, qui avait grandi dans le cœur de la sauvage, toute l'affection qu'elle avait pu développer au fil des années. Elle aurait pu survivre sans Siri, certainement, comme elle l'avait déjà fait pendant des années, mais ne voyait plus à présent comment se passer de la présence de son aînée. Et il n'y avait là aucun besoin physique ou matériel, mais la simple nécessité de sa présence, de temps en temps, à ses côtés, de ses mots et de ses histoires dont Silke ne se lassait jamais.

Silke ouvrit la bouche sous la frustration volontairement provoquée par son amie ; voilà qu'elle faisait des secrets pour éveiller un peu plus sa curiosité, et la constatation lui tira un rire nouveau. « Tu pourrais me dire! » Il n'y avait pas de rancœur non, juste un peu plus d'envie, et son esprit balaya le sujet d'un revers de la main, comme pour se préserver la surprise encore un peu. La broderie occupa son esprit un instant, elle ne put que se montrait ravie de l'avis silencieux de celle qui lui avait appris ; elle pourrait peut-être, de cette manière, lui broder un cadeau sur lequel elle travaillait déjà depuis quelques temps. Pour la remercier d'un peu tout, et de ce qu'elle s'apprêtait à faire : l'accueillir chez elle. Silke ne s'était pas attendue à ce que sa demande entraîne une telle proposition, quoiqu'elle aurait dû s'y attendre. « Aujourd'hui ? Vraiment? » Silke regarda autour d'elle, un peu perdue peut-être, un instant. Partir. Tout de suite. Enfin, dans quelques heures peut-être, partir. Elle sentait, au fond d'elle, que ce départ un peu précipité, si elle l'acceptait, signifier quelque chose de plus grand, plus important. C'était dire une première fois aurevoir à son chez elle, acceptait de dormir ailleurs, de découvrir autre chose, un autre foyer. Ou du moins quelque chose qui ressemblerait certainement plus à un foyer que sa cabane.

Silke hocha la tête. Ce simple geste valait tout autant qu'un mot, tout autant qu'un discours long comme une racine. Oui, elle allait venir. Oui, elle allait préparer quelques affaires, abandonner son chez elle, prendre son corbeau, et la suivre. Un instant, l'enfant de la forêt se demanda ce qu'il adviendrait des animaux quand elle serait partie. De ceux qui l'avaient protégée, qui l'avaient suivie, pendant des années, et avaient veillé sur elle. Après tout, elle n'était pas encore totalement partie, et Silke se détourna pour aller chercher la besace qui lui servait à transporter ses maigres affaires à travers la forêt. « C'est étrange. Pour moi. » Siri le savait, elle le sentait, mais la sauvage ressentit un besoin étrange : celui de le dire. De mettre des mots dessus alors qu'elle pliait quelques affaires et les glissait dans sa besace. Elle ne savait pas vraiment ce dont elle allait avoir besoin, se mit à prévoir quelques vêtements chauds, et envisagea d'emprunter des peaux à Siri, au cas où. Les habits pliés, et rangés, elle se retrouva là, bras ballants, au milieu de sa petite pièce, et observa son invitée, l'air interrogateur au visage. Elle ne savait qu'emporter.



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